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Alucam: 500 milliards pour les investissementsOctober 1, 2004 Eugène Dipanda, Mutations La société va accroître sa capacité de production... Trêve de spéculations. La compagnie camerounaise d'aluminium (Alucam) pourra bientôt accroître sa capacité de production, pour répondre à la demande sans cesse croissante du marché. Les principaux dirigeants de Alcan primary metal group, société de droit canadien qui a récemment racheté le groupe Pechiney auquel était rattachée Alucam, sont au Cameroun depuis quelques jours. Accompagnés du directeur général d'Alucam, Raphaël Titi Manyaka, ils ont été reçus mardi, 28 septembre dernier, par le Premier ministre Peter Mafany Musongè. Au menu des discussions, le déploiement projeté par les Canadiens au Cameroun, ainsi que la négociation des " conditions favorables " aux investissements que ces derniers ambitionnent de réaliser à court terme. Dans le fond, il est question d'exhumer les dossiers " abandonnés " par Pechiney, et principalement l'extension de l'usine de production d'Alucam. La capacité de l’usine d’électrolyse d’Edéa devrait notamment passer de 87.000 tonnes d’aluminium à 220.000 tonnes par an! Un vrai record national, qui nécessitera, bien entendu, la construction de nouveaux barrages de retenue pour régler le déficit d'énergie qui sévit au Cameroun depuis quelques années. Mais le problème ne devrait pas se poser, selon toute vraisemblance. Le groupe canadien et Alucam envisagent de débloquer, pour les besoins de la cause, la rondelette somme de 500 milliards de francs Cfa. Selon Cynthia Carrol, Chief executive officer de Alcan primary metal group, le document final traitant de la stratégie globale d’Alucam sera disponible dans les prochains jours, et les travaux de construction devraient durer quatre ans environ. Dans l'une de ses récentes éditions, Mutations attirait déjà l'attention sur la nécessité pour l'Etat camerounais de relancer son économie en mettant l'accent sur le développement des secteurs productifs. En ce qui concerne Alucam, votre journal faisait alors remarquer que ce ne pas les atouts qui font défaut au Cameroun, puisque le pays dispose du deuxième potentiel hydroélectrique en Afrique subsaharienne, après la République démocratique du congo. Seulement, à peine 1% de cette richesse est effectivement exploité pour une production effective de courant électrique. Pis, les installations de l’ex Société nationale d’électricité (Sonel) sont obsolescentes. Et Aes, le repreneur américain, n’a presque pas investi jusque-là. Résultat, le Cameroun broie du noir depuis plus de trois années, du fait des coupures intempestives de courant électrique, et le tissu industriel, dans son ensemble, en pâtit de manière considérable. Pour produire son aluminium, Alucam consomme par exemple plus de 35% de l’électricité produite sur le plan national. Depuis l’année 2001, le phénomène des délestages l'a contraint à réduire sa production à la portion congrue... Espoir La construction des nouveaux complexes hydroélectriques a d’ailleurs été l’un des points focaux des trois avenants signés entre le gouvernement camerounais, qui a promis de soutenir le programme d’extension d’Alucam par certaines " facilités " sur le plan fiscal; et le staff dirigeant de cette société, qui souhaite se conformer aux exigences du marché international en produisant en qualité et en quantité suffisantes. Le chantier prévu à Lom Pangar (province de l’Est), pour la construction du barrage hydroélectrique sur le fleuve Lom, avec un réservoir d’environ 6,5 milliards de mètres cubes de retenue, fait partie des chantiers prioritaires. Même si le projet concerne principalement Aes-Sonel, Alucam a déjà manifesté son désir d'être associée à son développement, pour s’assurer, disent ses dirigeants, qu’il sera réalisé dans les délais compatibles avec le programme de développement qui est actuellement en train d'être mis sur pied. Pour ce qui est de la centrale hydroélectrique de Natchigal, Alucam envisage le cas échéant, d’en assurer à la fois la maîtrise d’oeuvre et la maîtrise d’ouvrage. |